La loi Lemoine, adoptée en février 2022, a introduit des changements significatifs dans le domaine de l’assurance emprunteur en France. En supprimant le questionnaire médical pour certains prêts, cette législation vise à faciliter l’accès au crédit pour un plus grand nombre d’emprunteurs. Avec l’arrivée de 2025, il est important d’analyser les impacts concrets de cette réforme sur le marché de l’assurance, ainsi que les bénéfices qu’elle apporte aux candidats aux prêts.
Loi Lemoine : suppression du questionnaire médical et ses enjeux
Avec la mise en place de la loi Lemoine, une des réformes phares est la suppression du questionnaire médical pour les prêts immobilier n’excédant pas 200 000 euros par emprunteur. Cette mesure est essentielle pour les emprunteurs ayant des antécédents médicaux, qui faisaient face à des refus ou des augmentations de primes d’assurance dues à leur état de santé.
Avant cette législation, casi 70 % des demandes de prêt immobilier nécessitaient un questionnaire de santé, ce qui conduisait à une exclusion de nombreux candidats. Grâce à cette réforme, il est désormais possible pour des emprunteurs en bonne santé, mais ayant des antécédents médicaux, de bénéficier d’un accès simplifié au financement. Cette dynamique a pu être observée par le biais de plusieurs mesures :
- Accès facilité au crédit : En supprimant cette contrainte, la loi favorise une plus grande inclusion financière.
- Économie sur les primes d’assurance : En éliminant les surcoûts liés à l’évaluation des risques médicaux.
- Meilleure orientation vers la provenance d’assurance : Les emprunteurs peuvent maintenant opter pour des compagnies d’assurance concurrentes sans être pénalisés par leur santé.

Les bénéfices pour les emprunteurs
Cette évolution jurisprudentielle offre divers avantages aux emprunteurs, qui peuvent voir leur rêve d’accession à la propriété se réaliser. Premièrement, les économies réalisées sont notables : des études montrent que les ménages ayant choisi une alternance d’assurance ont connu des économies variant de 5 000 à 15 000 euros sur la durée totale de leur crédit immobilier.
En décloisonnant l’accès à l’assurance, la loi a également permis de renforcer le pouvoir d’achat, rendant la propriété immobilière envisageable pour une frange plus large de la population. Cependant, pour que cette décision ait un impact réel, il est nécessaire que les demandeurs soient proactifs et passent en revue leurs options d’assurance disponibles.
Les nouvelles règles de résiliation à tout moment
Un autre aspect réformateur de la loi Lemoine réside dans la possibilité de résilier son contrat d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans pénalités. Cette règle, entrée en vigueur le 1er septembre 2022, a modifié les habitudes des emprunteurs.
Auparavant, beaucoup d’emprunteurs se trouvaient contraints de rester avec leur assureur par peur des coûts engendrés par une résiliation intempestive. Les nouvelles dispositions apportent ainsi une flexibilité appréciable.
Impacts sur la prise de décision des emprunteurs
Avec cette nouvelle liberté, les emprunteurs peuvent désormais :
- Comparaison des offres : Ils peuvent facilement explorer des alternatives d’assurance, ce qui leur permet d’identifier des options plus compétitives.
- Suivi des économies potentielles : Quelques études montrent que les demandes de changement d’assurance ont augmenté de plus de 80 % entre 2021 et 2023, un signe que les emprunteurs prennent conscience des enjeux financiers.
- Amélioration de la concurrence sur le marché : Cette flexibilité a poussé les assureurs à proposer des tarifs et services plus attractifs pour garder leur clientèle.

Le droit à l’oubli : un aspect fragile mais crucial
La loi Lemoine a également introduit un changement important concernant le droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer et de l’hépatite C. Le délai durant lequel ces personnes sont tenues de déclarer leur maladie a été réduit de 10 à 5 ans. Cela représente une avancée significative pour ceux qui ont été en rémission.
Cette mesure a pour effet de faciliter l’accès à une assurance en permettant à ceux qui ont connu ces maladies de bénéficier d’offres équivalentes à celles des autres emprunteurs. Toutefois, cette transition vers le droit à l’oubli pose plusieurs enjeux, notamment en matière d’informations claires transmises aux emprunteurs:
Les point clés d’amélioration concernant le droit à l’oubli
Pour garantir que cette avancée soit pleinement efficace, il est essentiel d’assurer :
- Information adéquate : Les compagnies d’assurance doivent informer clairement leurs clients sur la nature de cette réduction de délai.
- Surveillance des abus : Des mécanismes doivent être mis en place pour éviter que les assureurs n’inventent des prétextes pour exclure les candidats en rémission.
- Éducation des emprunteurs : Les personnes concernées doivent être conscientes de leurs droits afin de les revendiquer adéquatement.
Les implications pour le marché de l’assurance emprunteur
La loi Lemoine a indéniablement eu un impact sur la dynamique et la perception du marché de l’assurance emprunteur. D’un côté, il y a eu un affichage positif avec l’augmentation du nombre de contrats d’assurance et d’une plus grande flexibilité d’offre.
D’un autre côté, il est crucial de prendre en compte les inégalités persistantes d’accès. Bien que les chiffres soient encourageants, il demeure des défis à relever, notamment pour les emprunteurs en situation fragile socialement ou économiquement.
Un tableau révélateur du marché
| Critères | 2021 | 2023 |
|---|---|---|
| Demandes de changement d’assurance | 100% | 180% |
| Proportion d’emprunteurs en dessous du seuil d’accès | 25% | 20% |
| Économie moyenne réalisée | 4 000€ | 12 000€ |
Les conseils pour les emprunteurs
Pour naviguer efficacement dans ce nouveau paysage, les emprunteurs doivent s’armer de différentes stratégies et conseils pratiques :
Stratégies à adopter
Il est essentiel que les malins emprunteurs :
- Comparer les offres : Utiliser des simulateurs disponibles en ligne pour analyser les propositions d’assurance.
- Connaître les droits : Se renseigner sur les changements liés à la résiliation et au questionnaire médical.
- Consulter un expert : Faire appel à un courtier pour être orienté vers la meilleure solution d’assurance.
Les recommandations pour les professionnels de l’immobilier
Les acteurs du secteur immobilier ont un rôle important à jouer dans l’accompagnement des emprunteurs à travers cette nouvelle législation. Informer les clients sur leurs droits ainsi que les nuances de la loi Lemoine est crucial.
Actions efficaces à entreprendre
Voici quelques recommandations pour les professionnels du secteur :
- Veille réglementaire : Suivre les évolutions législatives afin d’être toujours à jour.
- Formation continue : Former son équipe sur les impacts de la loi Lemoine pour mieux conseiller les clients.
- Personnalisation des offres : Adapter les recommandations d’assurance aux besoins spécifiques de chaque client.
FAQ sur la loi Lemoine
Quelles sont les conditions pour bénéficier de la suppression du questionnaire médical ?
Les prêts immobiliers ne doivent pas dépasser 200 000 € par emprunteur et leur remboursement doit être prévu avant le 60ème anniversaire de l’emprunteur.
Quels avantages directs pour les emprunteurs ?
Les emprunteurs bénéficient d’une plus grande flexibilité, notamment la possibilité de résilier leur contrat à tout moment et de réaliser des économies significatives.
Quelles sont les disparités d’accès à l’assurance emprunteur ?
Certaines catégories d’emprunteurs, notamment les moins aisés, sont encore sous-représentées dans les démarches d’alternance d’assurance, ce qui appelle à des efforts supplémentaires de visibilité et d’information sur leurs droits.
Comment la loi a-t-elle impacté le marché de l’assurance ?
Elle a introduit une meilleure concurrence entre les assureurs et un accroissement des substitutions d’assurances, facilitant le processus pour les emprunteurs.
Quels conseils donner aux futurs emprunteurs ?
Il est primordial pour les emprunteurs de bien comparer les offres disponibles, de comprendre leurs droits et de ne pas hésiter à faire appel à des professionnels pour maximiser leurs chances d’obtenir les meilleures conditions.
Suivi opérationnel et bonnes pratiques après la souscription
Au-delà de l’accès facilité au crédit, il est essentiel d’organiser un suivi régulier du contrat pour préserver ses avantages sur la durée. Dès la signature, l’emprunteur doit conserver une copie du tableau d’amortissement et vérifier la correspondance entre la prime facturée et la grille de tarification prévue. Pensez à contrôler la présence de clauses relatives à la portabilité et à la modulation de prime en cas d’évolution du profil : certaines formules prévoient une indexation ou une adaptation en fonction du score de risque, de la sinistralité ou d’un changement d’activité professionnelle. La télédéclaration des modifications de situation (revenu, situation familiale, profession) optimise la mise à jour du dossier et évite des refus lors d’un sinistre. Enfin, examinez les options de prise en charge des garanties (invalidité, perte d’emploi, incapacité de travail) et la présence éventuelle d’une franchise ou d’un délai de carence qui peuvent impacter la couverture effective.
Sur le plan pratique, exploitez les outils numériques mis à disposition pour automatiser les alertes de révision et centraliser les justificatifs : espace assuré, archivage des attestations et historique des échanges permettent de gagner en transparence lors d’une renégociation ou d’une substitution. Une démarche de diagnostic patrimonial périodique — même simple — aide à aligner la couverture sur l’évolution des projets (remboursement anticipé, rachat de crédit, transmission). Enfin, restez attentif aux mécanismes de mutualisation et aux implications de la tarification algorithmique sur l’évolution des prix : la vigilance documentaire et une révision annuelle constituent des instruments efficaces pour sécuriser son budget et limiter les risques de surprise au moment d’un sinistre ou d’une demande de modification de contrat.
